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Album - Tu me prends en photo« Tu me prends en photo.
Pour quoi donc…
L’œil de ton appareil braqué sur moi,
tu attires mon attention :
hé l’enfant, regarde ici !
Tu portes un jean tout neuf,
un blouson chaud,
et des chaussures aux pieds.
Tu essaies d’engager la conversation.
Non, le chat ne m’a pas mangé la langue.
Pas le chat !»

« Tu me prends en photo.
Pour quoi donc…
Bien sûr que je suis toute seule.
Comme la plupart des gens ici.
Les amis ?
J’ignore où ils sont.
Les ennemis ?
J’ignore qui ils sont.
Comment savoir !
Toi, tu es qui…
Non, la peur ne m’a pas noué la langue.
Pas la peur ! »

4ème de couv. : «Une histoire où nous sommes les témoins d’une rencontre entre un photographe et deux victimes d’une guerre. Comment réagir ? »

Un texte magnifique ponctué par une répétition « Non, le chat ne m’a pas mangé la langue, pas le chat. Non les soldats ne m’ont pas coupé la langue, pas les soldats, etc… » et toujours la même question « Pour quoi donc ». Les photographes sont-ils autorisés à photographier l’horreur et à la montrer ? Pouvons-nous regarder ces photos de façon passive ? Plein d’autres questions viennent en tête après plusieurs lectures nécessaires de cet album, car oui, la première lecture m’a laissé dans une idée de « oui, où veut-elle en venir ? » mais les lectures suivantes m’ont complètement embarquées.
Les illustrations, tout en douceur, accompagnent magnifiquement un texte qui, en effet ne laisse pas indifférent mais qui n’est pas accessible à tous. La quatrième propose une lecture à partir de 7 ans, je dirais plutôt niveau CM minimum, en lecture accompagnée cela peut amener de belles discussions.

Tu me prends en photo
Jean-Luc Trudel, Marie-Francine Hébert
Les 400 coups, Carré Blanc, janvier 2012, 11.90€

Fabienne C.

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