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Un petit roman que toutes les bibliothécaires jeunesse aimeraient faire lire… aux parents !

J'ai peur de savoir lire

A l’entrée au CE2, Stéphane commence à avoir beaucoup de devoirs. Bien qu’il s’applique pour faire plaisir aux adultes, il n’est pas très bon élève. Sa maman dispose de peu de temps, entre le travail et ses « devoirs à la maison » (ménage, repassage,…), mais elle essaie d’aider Stéphane en lisant avec lui tous les soirs. Ce sont des moments privilégiés entre eux. Bientôt, tous les livres de Stéphane ont été lus, et ils ont recours à la bibliothèque.

Vu par les yeux d’un enfant de 8 ans, plein de fraîcheur, ce récit se concentre sur la deuxième étape de l’apprentissage de la lecture : lorsque l’enfant passe à la compréhension plutôt qu’au déchiffrage, et accède à l’imaginaire. Lorsque le livre lui parle vraiment, et l’attire dans l’histoire.

Le problème, c’est que -lorsque Stéphane a suffisamment progressé- sa maman lui dit la phrase fatidique : « à partir de maintenant, tu vas pouvoir lire tout seul le soir ». La prise d’autonomie est brutale, et le moment où la maman cesse d’un coup de lire avec son enfant est vécu comme une punition. Pour la maman, il équivaut à « enlever les roulettes » pour un apprentissage du vélo, car « grandir c’est apprendre à devenir seul ». Dur, pour un enfant qui affectionne ces moments de proximité avec sa maman ! Du coup, Stéphane n’est « pas certain de vouloir grandir ».

L’illustration page 54 est très parlante : Stéphane restant seul avec son livre sur une île, alors que la maman s’éloigne en bateau… C’est un moment d’abandon que beaucoup de nos petits lecteurs connaissent, souvent dès le CP-CE1, et on voudrait faire lire ce roman aux parents pour les encourager à faire durer les bons moments de lecture partagée avec leurs enfants !
Accessible dès 7-8 ans.

J’ai peur de savoir lire
Olivier de SOLMINIHAC, ill. Juliette Baily
EDL (Mouche), août 2015, 69 p., 8€

Aline G.

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