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couverture_JeffersonPour les romans animaliers, d’habitude, je passe mon tour, mais ce jour-là, Jefferson s’est retrouvé chez moi. J’ai donc lu bien d’autres choses avant cette histoire à hauteur de hérisson annoncée pluvieuse. Mais cet animal n’était jamais bien loin… Chaque jour, Jefferson, sa houppette et son regard suppliant m’attendaient patiemment sous son parapluie… N’auriez-vous pas craqué vous aussi ?

Je me suis donc lancée… et il ne m’a pas fallu trois pages pour être happée par l’histoire de Jefferson Bouchard de la Poterie, hérisson aimable et coquet dont la vie bascule le jour où il se rend chez le coiffeur.

livre_JeffersonJefferson y découvre M. Edgar, le blaireau gérant du salon Défini-Tif,  au sol, une paire de ciseaux plantée dans la poitrine. La vieille chèvre qui dormait sous son casque à permanente se réveille au moment où Jefferson est en train de retirer les ciseaux du corps du blaireau. La scène portant à confusion, la chèvre paniquée se rue à l’extérieur pour fuir et crier à tout va que Jefferson a assassiné le coiffeur. Et voilà comment le très respectable Jefferson se retrouve accusé de meurtre…

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Commence alors un thriller haletant qui a pour décor le monde animal. Devenu l’ennemi public numéro un, Jefferson prend la fuite et, aidé par son fidèle ami Gilbert, il est bien décidé à trouver le vrai coupable. L’enquête les mène sur les pas de deux hommes.

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Ils embarquent alors dans un car à destination du monde des humains en compagnie de vingt-six autres passagers de toutes origines (blaireaux, renardes, sangliers, boucs…).

Sans vous dévoiler la fin, Gilbert et Jefferson vont mettre au jour la véritable identité de M. Edgar, son combat quotidien, et la terrible vérité sur les conditions de vie et de mort des animaux dans le monde des humains.

La narration de ce roman policier est parfaitement maîtrisée. L’écriture est vive. Les illustrations en noir et blanc quant à elles, rythment régulièrement le récit en dépeignant une ambiance polar, avec notamment des jeux d’ombre et de lumière particulièrement appropriés  et des personnages  aux mines attachantes et expressives.

Il y a du suspense, de l’humour, de l’aventure, des scènes brutales, effrayantes, d’autres plus légères et réconfortantes. C’est un roman qui nous place en empathie totale avec le monde des animaux. Engagé en faveur de la condition animale, il prône aussi la solidarité, la résistance et engage à la réflexion sur notre mode de fonctionnement alimentaire.

Bref, Jefferson n’est pas un simple roman animalier, c’est une aventure trépidante, un thriller sans pitié, un récit militant. Et si vous ne l’avez pas deviné… j’ai adoré.

À partir de 10 ans.

Jefferson
Jean-Claude Mourlevat
Gallimard jeunesse, février 2018, 13€50

Charline A.

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