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Il y a très longtemps, notre monde était peuplé d’ogres. Mais attention ! Qu’on ne s’y trompe pas… Ces ogres-là ne sont pas des créatures hideuses à l’allure effroyable. Bien au contraire, ce sont des géants plutôt délicats aux vêtements colorés dont le quotidien ressemble étrangement à celui des humains. À un détail près, ils sont toujours aussi friands de chair fraîche d’enfants.

« Les mauvaises habitudes ont la dent dure. » Et celle des ogres est suffisamment aiguisée pour n’apprécier que les enfants élevés en plein air dans des fermes labellisées BIO. Leur palais fin, exigeant, est sensible à la cuisine raffinée des grands chefs cuisiniers. Véritables artistes culinaires toujours en quête d’inspiration pour transformer mouflets, bambins, mômes ou lardons en pâtisseries, soupes, rôtis et même en jus.

Mais voilà qu’un jour, ce produit de base tant apprécié rend malade. En effet, une terrible vague épidémique s’attaque à l’estomac de ces fins « gourmets gourmands » et provoque de gros dégâts gastriques, épidermiques et même hyperthermiques…..
Si bien que le Grand Conseil Des Sages a décrété dangereuse la chair de ces braves marmots et conseille une alimentation végétale sans modération. Topinambours, chicorée, tomates et rutabagas sont à l’honneur et le choux romanesco au sésame devient le nouveau plat national.

Les enfants désormais libres sont éduqués et se mêlent peu à peu à la population des ogres. Ces derniers ont, aujourd’hui, définitivement perdu le goût des bambins, reste un moyen pour les reconnaître : ils sont végétariens… Mais chuuuut… ceci est une autre histoire !

Le Jour où les ogres ont cessé de manger des enfants, album au ton sarcastique rehaussé d’un brin d’humour : à travers un message en faveur du végétarisme, l’auteur pointe du doigt les excès de viande dans notre alimentation, souvent au détriment du bien-être animal. C’est également, une réflexion sur les dérives d’une société de surconsommation dépourvue d’humanité et dont la santé est aujourd’hui en danger.

L’illustration au trait parfois grotesque est un écho à l’absurde de certains comportements. Elle fourmille de détails qui rappellent souvent les silhouettes de Nikki de Saint Phalle.

Le Jour où les ogres ont cessé de manger des enfants est un album très réussi qui pousse à la réflexion, à s’interroger sur notre soif de consommation à outrance. Une histoire qui semble vouloir, peut-être, donner des leçons ; si c’est le cas, pour ma part, c’est une bonne leçon ! (à apprendre par cœur).

Pourquoi ce livre ?  Lisez l’interview très intéressante des auteurs sur le blog L214 éthique et animaux.

Souhila E.

Le Jour où les ogres ont cessé de manger des enfants
Coline Pierré et Loïc Froissart
Rouergue, février 2018, 15€50

 

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