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Coup ce projecteur sur un auteur : Stéphane Sénégas

Au début, j’ai vu. Et j’en ai pris plein les mirettes.
Par l’album « Qu’est-ce que tu vois ? » je suis entrée dans l’univers de Stéphane Sénégas
.

Trait épuré, précis et détaillé, jubilatoirement expressif, il nous offre des personnages systématiquement cernés de noir, malins et sensibles qui croquent la vie à pleine dents et font des expériences.

Un petit garçon contraint de passer des vacances avec son oncle dans un phare va ouvrir son regard sur le monde qui l’entoure (« Qu’est-ce que tu vois ? ») ; un pêcheur et un cormoran vont unir leurs forces pour vivre doucement ensemble (« Le Pêcheur et le cormoran ») ; un enfant va apprendre par l’observation d’un insecte la préciosité de la vie (« L’éphémère »). Toujours à hauteur d’enfants, souvent avec humour, parfois avec tendresse ou dureté, il s’attache à nous montrer ce qui éclaire et rapproche les êtres.

Il décrit avec pudeur et finesse les frontières qui nous éloignent des autres et de nous-même soit par la construction d’un mur (« On l’a à peine remarqué ») soit par le difficile partage d’un espace aux envies différentes (« La ligne »). Jouant sur l’ombre et la lumière, sur les expressions, sur la disposition dans la page, sur le minimalisme des mots et du dessin, il crée des ambiances qui saisissent le/la lecteur-rice et viennent titiller ses émotions.

Il aborde aussi la peur notamment du noir, des monstres (« Mon père, chasseur de monstres », « Y’a un monstre à côté ») qui semble toujours présente sous ses traits de son crayon.

Couverture_Silex

Sorti en 1998 fraîchement émoulu de l’école Émile Cohl à Lyon, il touche à tous les arts : peintre, graphiste, dessinateur de presse et de dessins animés, de bande dessinée et d’album jeunesse, il nous régale de sa palette. Depuis 10 ans, il se consacre uniquement au métier d’auteur-illustrateur, seul ou avec son complice Frédéric Maupomé. Les albums de ces deux-là semblent une grande rigolade, comme deux esprits taquins qui se rencontrent et nous emportent dans leurs délires ( « A dada sur mon bidet », « Pirateries »)

Toujours emprunt d’un imaginaire d’enfant, il nous fait voyager chez les indiens («  Anuki »), à la Préhistoire (« Silex ») , en Afrique (« Pourquoi les libellules ont le corps si long ? »).

Une seule suggestion : jetez un œil…voire les deux pour découvrir son univers !

Stéphanie G.